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Tealer à Athènes

MEGALOS STITHOS

La fine équipe de premiers de la classe de chez Tealer en séjour culturel à Athènes. Un film de Kamel Gondry, des photos et un texte de Clément Chouleur.

Après un coup d’essai à Madrid qui leur avait déjà valu un article dans Soma il y a quelques mois, c’est à Athènes que les gars de Tealer ont décidé d’aller claquer le reste du budget marketing. Plus que vingt-six étapes et ils auront enfin bouclé leur tour de l’Union Européenne par les capitales. À raison de deux articles par an, vous pourrez donc voir les photos du point final de cette épopée dans le Soma de novembre 2019. Clément Chouleur, grand reporter au grand cœur, doté d’une résistance à l’alcool hors norme, a documenté les frasques de cette bande de sauvageons au pays des Cyclades. Son récit est évidemment accablant et fait froid dans le dos. Jugez vous-même :

Amiel Kornicki - bs Flip - Athènes (c) Chouleur
Amiel Kornicki – bs Flip – Athènes (c) Chouleur

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Cette idée lumineuse de partir à Athènes, comme tout le monde, a éclos lors d’une soirée un poil trop arrosée dans un salon professionnel à Berlin, le Bright. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, c’est comme le Mondial de l’Auto, mais en totalement différent. Au détour d’une conversation avec Gorka De France, team manager chez Tealer de son état, il me confia qu’un dernier petit trip avant l’hiver serait de bon augure et il évoqua d’emblée la Grèce. Sur le moment je me suis dit que c’était une idée de génie, l’Acropole, le ouzo, les gyros, le syrtaki, la crise… Autant de nouveautés à découvrir et puis de toute façon, j’allais pas faire semblant d’hésiter, dès qu’il y a un billet d’avion à gratter, je réponds toujours présent !
Oui mais voilà, la Grèce et Athènes en particulier, c’est du vu et revu. Toutes les grandes écuries du skate-game y sont déjà allées pour vendre leur camelote et surtout, les spots ont déjà été salement amochés, et par des meilleurs que nous… Autant vous dire que pour vendre un article à un magazine, c’était pas gagné. À moins que la marque en question leur prenne de la pub ? Mouais, ça peut aider, mais c’est même pas sûr… Enfin ça, c’était sans compter sur mes talents de persuasions auprès du mec de Soma qui n’a aucune personnalité et à qui je pourrais faire faire n’importe quoi… Il a rien vu venir le mec !

Max Renaud Fs Bluntslide (c) Chouleur
Max Renaud Fs Bluntslide (c) Chouleur

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L’équipe d’athlètes dépêchée sur place comprenait Amiel Kornicki, Max Renaud, Samuel Vroman et Gorka De France pour la partie cascade, ainsi que ce drôle d’énergumène de Kamel Gondry à la vidéo et moi-même ici présent à la photographie.
Je n’avais jamais eu l’occasion de voyager avec ces lascars, mi-champions, mi-voyous, mais je n’ai pas mis longtemps à me sentir à l’aise avec eux. Déjà dans l’avion, les vannes fusaient et tout le monde y a eu droit, ce qui est plutôt bon signe. Un trajet en train fraudé allègrement et une petite escroquerie au propriétaire du Airbnb plus tard et nous étions installés dans notre penthouse.
Tout excités que nous étions de nous envoler pour une destination exotique, nous en avions oublié le plus important, à savoir la connexion avec un skater du cru pour nous guider sur les spots. Un peu naïfs je vous l’accorde, mais qu’importe, nous irions au culot. Sauf que ça n’a pas vraiment payé… Allez trouver des skaters partants pour faire le guide ! Nous avons bien essayé les skateshops, mais il semblerait qu’ils nous ont pris pour une bande d’enfoirés de touristes. « Allez les gars, z’avez pas un spot à dépanner ? Bah y’en a plein, c’est dur à expliquer, baladez vous, vous finirez bien par en trouver ! ». On se serait cru à Paris tellement les gars avaient envie de nous aider… À force de tourner, on a fini par trouver LA chill plaza avec ses ledges parfaits, une légère pente histoire d’aller aussi vite que dans les vidéos, les locaux qui tirent la gueule, bref, tout y était. Mais elle s’est vite transformée en place maudite pour Gorka, car même en y revenant plusieurs fois, quand une ligne ne veut pas passer, elle ne veut pas ! Dans ces cas-là, il nous restait le Kebab en bas de la maison, idéal pour guérir nos frustrations. Nous avions aussi ce petit rituel qui consistait à mettre la chanson de David Zowie « House every weekend » à fond. Ça commençait le matin pour réveiller tout le monde, puis dès qu’il fallait motiver les troupes, jusqu’au soir. Une sorte d’hymne, indispensable lors d’un tour, mais j’y reviendrai plus tard…

Sam Vroman - Gap to bs nosegrind
Sam Vroman – Gap to bs nosegrind

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Une autre tradition pendant ce tour fut de commenter les tenues du petit Amiel qui avait pris toute sa collection de pantalons de pyjamas d’extérieur… Il en avait prévu un différent pour chaque jour de la semaine ! Avec toujours le même motif de la marque des joueurs de polo, il n’y avait que la couleur qui changeait… Fashion faux-pas pour les anciens, summum du fitting à la pointe pour les jeunes, je ne me risquerais pas à porter un jugement ici, mais sachez en tout cas qu’il en prenait pour son grade tous les matins !

Après avoir sondé l’interweb, nous avons finalement réussi à établir une liste des endroits incontournables de la ville. C’est le truc qu’on aurait dû faire avant de partir, cependant, après réflexion, on a fini par suivre les conseils du vendeur du skateshop en cherchant les spots au flair. Une technique à l’ancienne certes, mais qui fonctionne à merveille, surtout si vous êtes prêts à pousser à travers la ville, par monts et par vaux, du matin au soir. Mes cuisses s’en rappellent encore, mais ça valait le coup.

Au bout de cinq jours sur place, nous commencions à être satisfaits de la tournure que prenaient les évènements. Malheureusement pour Max, c’est à ce moment-là qu’il a dû nous quitter pour cause d’examen blanc… Séquence émotion, high five, câlins et le voilà parti en direction de l’aéroport. Nous finirions ce tour sans lui… Vous auriez dû voir la tête de Gorka quand deux heures plus tard, il a reçu le coup de fil du jeune lui annonçant qu’il avait raté son avion, qui partait… la veille ! Pas évident le rôle de team manager parfois, mais au final, on était tous contents de le voir revenir pour finir ce tour avec nous, ses parents un peu moins…

Gorka De France - Fs noseslide from Hell (c) Chouleur
Gorka De France – Fs noseslide from Hell (c) Chouleur

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Alors que ça sentait la fin et que l’envie de faire la fête à la Grecque devenait pressante, Kamel, notre expert en relations humaines, a réussi à nous faire croire que c’était son anniversaire et qu’il fallait à tout prix fêter ça. Il s’était rencardé avec une petite patineuse à roulettes locale qui lui avait indiqué LE spot pour sortir. C’était décidé, après la session nous irions enflammer le dancefloor. Après nous être fait refuser l’entrée de cinq clubs différents pour cause d’excès de testostérone (et peut-être aussi pour cause de pyjamas Ralph Lauren) nous avons fini par accéder aux joies des établissements de nuit (c’est le moment de googler « megalos stithos »).
Sur le retour, en cherchant le métro nous avons enfin aperçu l’Acropole, de loin et un peu flou mais qu’importe. Alors que la plupart des gens allaient travailler, nous allions gentiment décuver, broucouilles et heureux. Dans le métro, nous sommes tombés sur notre maître kebabier favori. Le pauvre ! On s’est sentis obligés de le remercier en chanson pour ce qui a constitué 80% de notre alimentation avec le seul mot que nous avions appris sur place « efkharîsto » (merci). Il a subi dix minutes de voyage avec un remix douteux du fameux « House every weekend » composé de cet unique mot. Un régal pour les oreilles et un pas-de-géant dans les relations diplomatiques franco-grècques.

tealer
Amiel, Gorka, Sam et Max, la photo souvenir.

Pour se remettre de cette rude soirée, un day off paraissait adapté, mais finalement, sans même nous en rendre compte, nous sommes repartis en mission. Ce jour de repos s’est avéré être l’un des plus productif de la semaine, prends ça la gueule de bois ! Ils sont comme ça chez Tealer, efficaces jusqu’au bout. Parfait pour terminer cette belle semaine loin du froid parisien, merci les gars, on repart quand vous voulez !