Chronique

by a true G

GOLD GOONS VIDEO

La chronique de la « Gold Goons » par le seul et unique Guillaume Colucci from les Josimards.

Disclaimer : L’auteur a eu une fois des Gold wheels et apparemment, ça s’est mal passé, ce qui ne veut pas dire que ces roues soient aussi pourries qu’il le prétend (en même temps, j’en sais rien, je ne touche pas à ce genre d’Uréthane de rap) et pour ce qui est des Girl/Choco, pareil, ça n’engage que lui, (personnellement j’ai eu une fois une Choco, je me souviens que j’avais effacé la déco parce que j’assumais pas du tout, mais je n’ai pas l’impression que le bois était pire que ce que je skate d’habitude…). Oh, et pour le passage sur la petite Polony, béh, pardon…
Sur ce, je vous souhaite une bonne chronique.
-fredd

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GOLD GOONS :
C’est grâce à un ami haut placé dans la presse skateboard européenne que j’ai pu avoir un WeTransfer du dernier opus de la marque de roues la moins solide de tout le «skate game» ! Oui, car en plus d’habiller les ATL twins et autres Rick Ross, Gold produit aussi des roues qui ont pour particularité de devenir carrées au premier powerslide. Après tout pourquoi pas, Girl/Choco vendent des cagettes depuis plus de 20 ans sans pour autant nous empêcher d’être excités comme des pucelles à un springbreak à la sortie de leurs vidéos saturées de ralentis et de musiques téléchargées deux ans plus tôt par nos petites copines.

Mais revenons à nos moutons, la vidéo commence par une intro sans intérêt, présentant les skateurs à grand renfort de timelaps, arrestations musclées, twerks et autres produits de luxe. Après avoir fait rêver la jeunesse américaine façon MTV, c’est à Shmatty Chaffin d’ouvrir le bal avec une part honnête, truffée de wheelings et de ledge dancing plus techos les uns que les autres (mention spéciale pour un pop shove-it bs nosegrind nollie flip out le temps de se faire couler un expresso). Néanmoins, ce qui nous chiffonne chez Shmatty, c’est son goût douteux pour les falzars fantaisie. Car à part porter, comme la moitié du team, un treillis militaire (sans qu’aucun d’entre eux ne soit capable de situer l’Irak sur une carte) ce dernier arbore fièrement à plusieurs reprises un bas de pyjamas zébré, décrédibilisant plusieurs fois son personnage. On se demande encore comment le cameraman a pu accepter de le filmer tant ce génie de la planche à roulette a l’air d’un demeuré sortant de son lit !

Arrive ensuite le premier montage de la vidéo. Les arriéristes du hip-hop, ceux qui pensent que «le rap c’était mieux avant» et qui attendent sagement devant leurs téléviseurs avec leurs rombières, le passage d’IAM et Oxmo Puccino aux victoires de la musique, vont être contents ! C’est en effet sur Bring da Ruckus du Wu Tang que nous voyons défiler Dane Vaughn, Ryan Gallant, Spencer Hamilton, Kelly Hart, Jason Wussler, PLG (qui nous régale avec un caballerial front nose reverse en big), Josh Kalis (qui n’a à priori toujours pas changé de spot), Dwayne Fagundes, Jack Curtin et enfin Marquise Henri !

C’est dans une ambiance d’émeutes que nous passons au deuxième des quatre montages de la vidéo. Je vous rassure tout de suite, Stevie et Biebel n’apparaissent dans aucun des quatre, pas un sw heel, pas un nosegrind, ni même une seule exhibition de biceps. On se consolera donc avec Rodrigo Petersen qui fait le taf en envoyant toujours plus haut ses nollie crooks, un Kellen James toujours aussi inintéressant, Darrell Stanton qui fait rêver avec quatre tricks, Emmet Duffy qui porte toujours les mêmes futals depuis 98, Travis Glover qui n’est pas encore «trop vieux pour ces trucs-là», Woogie Jackson qui a le prénom le plus LOL de la vidéo et enfin Wade Desarmo, qui comme d’hab, est d’une productivité à en faire pâlir un agent des espaces verts à la retraite, un vrai délice sauf qu’à peine le sorbet entamé, tu es déjà en train de bouffer le cul du cornet…

Passons maintenant à un vrai dur à cuire, le genre qui protège son bercail et son gros pick-up avec un fusil. Un bouseux au milieu de tous ces gangsters des quartiers ! Chris Troy donc, qui n’a rien à foutre dans cette marque de mâles endurcis par la rue et le ghetto. Malgré le décalage avec le reste du team, Christopher impressionne à plusieurs reprises (je ne parle pas de ses 2.7 out abusifs) et son Hurricane final est très certainement le meilleur trick de toute la vidéo.

Je ne vais pas m’étendre trop longtemps sur le troisième montage, à part pour parler de Marcus Mc Bride qui peine à pousser avant d’exécuter un vrai heelflip de badboy de banlieue par-dessus une table de pique-nique, me rappelant pourquoi il est l’un de mes skateurs préféré. Même problème avec son confrère de SF, Jabari Pendleton qui réalise, malgré ses 110kg, un switch wallie fs noseblunt slide !
Eli Reed, quant à lui, est beaucoup moins savoureux à cause de son physique d’épouvantail, sa dégaine de mec qui fait semblant de s’en foutre et des tricks normalement destinés à nourrir son compte instagram de bel éphèbe.

La suite est alléchante. Après une énième intro avec Tony Montana (du jamais vu dans une vidéo de skate !) et une vue aérienne du Corcovado, nous voilà enfin au moment qu’on attend tous, la Part de Rodrigo TX ! Pour moi, comme une oasis au milieu de tout ce ramassis de merde qu’on peut trouver sur Vice, Tumblr et World Stars Hip-Hop.com. Un rayon de soleil vitaminé par des tricks anormalement popés ! Mais je ne vous en dirai pas plus car cette part est la seule vraie bonne raison d’avoir envie de se procurer cette vidéo et je ne voudrais pas trop tuer le suspense.

Quatrième et dernier montage : vous pouvez en profiter pour vous tripoter un peu la nouille ou tout simplement avancer jusqu’à la prochaine part, car le défilé de trous du cul qui suit est un vrai calvaire. Il y a même un type qui skate avec des chaussures à scratch, des chaussettes Grizzly et un chapelet. Un outfit éliminatoire dans une vidéo de skate-rap !
Nous arrivons enfin au bout de ce clip de rap de 30 minutes par le biais de Carlos Iqui et Tiago Lemos qui m’ont autant foutu la motiv’ de skater que Natasha Polony me donne envie de baiser. Nous sommes donc très loin de la dernière part offerte par Marcus dans la «Got Gold» en 2002, un classique du skate-rap contrairement à cette vidéo qui tombera dans l’oubli une fois votre lecteur VLC fermé…